Etat d'urgence

· carnets · đŸ‡«đŸ‡·

13 novembre

Quelques cons ont dĂ©cidĂ© qu’ils devaient dĂ©verser leur imbĂ©cilitĂ© pleine de haine sur leurs concitoyens. Que ceux qui vivent paient le prix de leur mort cĂ©rĂ©brale et cardiaque Ă  eux.

Ce passage Ă  l’acte, un vrai drame, un Ă©pisode absurde de l’Histoire de France, dĂ©jĂ  marquĂ© dans la pierre des rues, dans les mĂ©moires d’un peuple.

Pourtant la vie doit continuer. Mais doit-elle reprendre comme avant ?

20 novembre

Je réfléchis, comme souvent. Mon sommeil est plus perturbé en ce moment : comment faire évoluer les choses ?

Cela fait longtemps que je pense Ă  une sociĂ©tĂ© meilleure, j’appuie ma rĂ©flexion sur mes nombreuses discussions/dĂ©bats avec des amis, des collĂšgues, parfois ma famille, mais surtout mes lectures. Refaire le monde est une seconde nature pour moi. J’aime comprendre des systĂšmes complexes, arriver Ă  les apprĂ©hender et trouver les points d’inflexions, ces zones du systĂšme, qui, une fois changĂ©es pourraient dĂ©clencher un changement global. Et vu que nous vivons dans un systĂšme créé par l’Homme, je pense qu’il y a des tels points d’inflexions, et qu’on peut agir dessus.

J’ai fait ça dans mon coin, Ă  mon niveau: Sois le changement que tu veux pour le monde. Ma fille de 16 mois est dans une crĂšche associative dont je suis secrĂ©taire, j’essaie de m’investir dans la vie de ma copropiĂ©tĂ© en tant que prĂ©sident du conseil syndical, je veux me mettre au compost d’appartement, rĂ©parer tout ce qui tombe en panne chez moi, financer les projets d’aujourd’hui et de demain de façon collaborative, limiter mes trajets en voiture, et tant d’autres choses encore.

C’est fatigant, mais j’ai besoin de cette cohĂ©rence entre la façon dont je vis et ce que je pense, ce que je souhaite pour le monde, car je peux alors m’autoriser Ă  en parler, Ă  tenter de convaincre mes pairs ; et surtout, je montre l’exemple Ă  ma fille, pour que cela lui semble normal et qu’elle puisse ensuite amĂ©liorer ce qu’elle aura appris de moi (si ça marche comme prĂ©vu !).

J’avais l’impression que ça suffirait, qu’à la maniĂšre d’un virus, ma façon de vivre, mes idĂ©es positives et humanistes pourraient se rĂ©pandre autour de moi, et contaminer les autres.

Mais est-ce rĂ©ellement suffisant ? Quand on voit la rĂ©action des gens, prĂȘts Ă  perdre leurs libertĂ©s, et l’Etat d’Urgence pendant 3 mois, dĂ©jĂ  dĂ©tournĂ© de sa fonction premiĂšre


27 novembre

S’indigner, c’est important, c’est StĂ©phane Hessel qui me l’a confirmĂ© il y a quelques annĂ©es dĂ©jĂ . Mais s’engager, c’est sĂ»rement la partie la plus importante de son message.

Je pense faire mon maximum quant Ă  mon engagement envers mes valeurs propres. Mais mĂȘme si cela permettra sĂ»rement Ă  certaines autres personnes de vouloir changer les choses, de rĂ©aliser ce qu’il est possible de faire, il faut que je fasse plus encore. Il faudrait que je puisse montrer l’exemple plus loin encore que juste autour de moi, mais comment le faire sans devoir renoncer Ă  certaines choses
 ?

Cela se prĂ©sente Ă  moi comme une sorte d’Etat d’urgence individuel, comme une pulsion, quelque chose d’irrĂ©alisĂ© qu’il me faudrait faire maintenant.

Quels sont les moyens Ă  notre disposition pour faire avancer nos idĂ©es, faire qu’elles ne deviennent pas les promesses non tenues des politiques, qu’elles ne passent pas inaperçues entre L’amour est dans le prĂ© et les photos de chatons si mignons ?

Comment montrer aux gens qu’un autre systĂšme est envisageable ? Que ce qu’ils appellent rĂ©guliĂšrement Utopie n’est qu’un prĂ©sent futur ? Comment faire bouger les choses pour de vrai ?

Je n’ai pas encore la rĂ©ponse Ă  cette question. Je ne sais pas de quelle façon je dois exprimer mes idĂ©es, tenter de transmettre mon message personnel dans cet ocĂ©an “social”.

Demain

Ce que je sais, par contre, c’est qu’il va falloir que cette pulsion m’anime encore et toujours ; que chaque jour de ma vie, je puisse le consacrer Ă  ĂȘtre ce que je veux pour le monde.

Je trouverai sĂ»rement un jour la meilleure façon pour moi de m’exprimer, dessinerai-je ? chanterai-je ? Ă©crirai-je ? agirai-je ailleurs ? L’avenir nous le dira.

Pour l’instant, je vais continuer Ă  rĂ©pandre mon optimisme increvable, continuer Ă  dĂ©battre, montrer que mes ‘utopies’ sont rĂ©alisables et continuer d’espĂ©rer.

Ne pas cĂ©der, continuer, et plus fort qu’avant. Fluctua nec mergitur